Manchester, le monde et les méchants.

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Mes mots semblaient usés avant même de les poser ici. Comme s’ils avaient déjà été pensés, pesés, dits, retenus. Pleurés. Par des centaines de milliers de personnes avant moi. Et après.

Comme si l’histoire se répétait. Comme si. Comme si c’était sur mes joues que les larmes d’un parent au cœur déchiré avaient creusé des sillons.

Je ne sais pas bien comment leur dire. Aux enfants. Les miens. Leur dire la chance qu’ils auront de se réveiller demain. Leur dire la peine et la rage que porte le monde. Leur dire que malgré l’immensité de la force avec laquelle j’ai juré de les protéger, mon impuissance face à ce mal pourrait un jour me faire mentir.

Il faudrait expliquer et taire à la fois. Les derniers souffles. Les premiers cris. L’onde brûlante des bombes qui serpente. Les corps en apesanteur. Les secondes éternelles et le poids du vide. Les bras qui n’enlaceront plus, les yeux qui se referment pour de bon, les inspirations qui resteront suspendues. Les doigts crispés sur le détonateur. Le bourreau qui est aussi victime, mais pas nécessairement le contraire. Le geste final. La pression de trop. Si légère et si lourde.

Je ne sais pas bien si je dois leur dire. J’ai cet ultime privilège de pouvoir tout simplement fermer la radio, la télé, le journal. De monter le son de la musique et perdre mes doigts et mes doutes dans les tignasses emmêlées de mes bébés. Mes amours.

Je vais devoir les trouver, ces mots. Pour leur dire Manchester. Pour leur dire le Monde. Leur dire les méchants qui ne l’ont pas toujours été, mais que les explosions figent dans ce rôle pour l’éternité.

Ne serait-ce que par respect pour toutes les vies brisées. Les familles fantômes. Pour tous ces petits bouts d’humains qui lèvent les yeux au ciel et se savent oubliés. Parce qu’ils sont trop loin et que l’écho de leurs cris se perd dans notre quotidien.

Ils seront pointus, ces mots. Emplie d’espoirs volatils, de volonté profonde et de foi secouée en l’humanité. Ils seront rouges de sang et noirs de cendre. Peut-être teintés de lumière. Comme de petites flammes.

Mais ils devront être trouvés. Un peu pour ceux que nous avons perdus.

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