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J’ai eu 3 enfants, j’ai eu 3 grossesses, j’ai accouché 3 fois. La deuxième fois fut celle qui changea ma vie pour toujours.

C’est le jour où on m’a annoncé que ton petit cœur n’était pas conçu pour vivre, que tu avais une défaillance du chromosome 22 (syndrome de Di George). Le jour où j’ai dû prendre la plus dure décision de toute ma vie. Toi, ma deuxième petite fille tant attendue, j’ai dû prendre la décision de te donner des ailes. Les ailes qui t’ont mené vers le ciel.

Quand ils ont mis ce drap blanc devant mon ventre, quand la grande aiguille est entrée dans ma bedaine, quand je t’ai sentie bouger de nervosité et que, tout à coup, ton cœur s’est arrêté. À ce moment-là, je savais que tout n’allait plus jamais être comme avant. Qu’à partir de ce jour, je devrais affronter l’inconnu.

Je n’ai jamais douté de notre décision. Tu m’avais envoyé bien des signes qui me préparaient à vivre ce jour. Je n’aurais jamais souhaité devoir prendre une telle décision.

Tout s’est arrêté le 23 septembre 2015. Tu es sortie de ma bedaine sans vie. Les larmes aux yeux, j’avais peur de te voir. Pourtant je t’avais faite si jolie, si parfaite dans ton imperfection. Sans doute trop parfaite pour notre monde. Tous ces projets que j’avais pour toi, pour notre famille. Cette chambre que j’avais pensée pour toi. Je devais maintenant apprendre à vivre sans toi, avec ces minuscules souvenirs des minutes où je t’ai bercé et chanté des chansons.

Crédit: Shanie Bergeron

Mon innocence face à la vie est partie avec toi, petit ange. J’ai eu peur, peur de tout. Peur de choses que je n’avais jamais imaginé. Mes pensées sont parties dans tous les sens. J’ai tellement eu mal. Mal de vivre. Mon monde semblait s’être écroulé. Je me sentais si seule, si faible. Je n’avais plus le goût d’aimer, plus le goût de m’attacher. Chaque minute était difficile. Me réveiller avec une grosse boule dans l’estomac, voir les petits bonheurs de la vie comme si j’étais une spectatrice derrière une fenêtre. Une spectatrice qui avait le goût de participer, mais qui ne pouvait pas traverser la fenêtre. Cette fenêtre que seuls le temps et les pleurs ont ouverte, tranquillement, pour me donner le droit à nouveau de voir la belle lumière. La lumière que j’aime tant. Mais la lumière dont j’avais peine à me souvenir. Celle du bonheur.

On me disait que si la vie a mis cette épreuve sur ma route c’est que j’avais la force de la traverser. Mais pas de la façon dont j’aurais cru. Les outils que j’avais en banque ne fonctionnaient pas pour guérir mon cœur. J’ai dû m’ouvrir à l’inconnu et laisser le courant me guider. Laisser le temps. On m’a aidée à me sentir normale. Jour après jour, je suis devenue de plus en plus forte. J’ai dû réapprendre à vivre.

Ta petite âme de passage m’a appris beaucoup sur moi-même, sur la vie. Être faible et accepter ces faiblesses est beaucoup plus difficile que de paraître fort. Tu m’as changée à tout jamais et, sache, Amélia, que tu vivras pour toujours à travers mes pensées.

*** Pour des informations au sujet du deuil périnatal, que vous soyez un parent, un proche ou un intervenant, voici un lien qui pourra vous orienter : http://www.parentsorphelins.org/ressources/

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