« Je n’aimerai jamais personne plus qu’eux. »

Poissons d’avril pour les minis!
31 mars 2017
Ceux qui ont fait ce que je suis (et ce qu’il sera?)
13 avril 2017

Mes grandes prises de conscience, mes moments d’épiphanies, je ne les ai jamais dans des endroits appropriés. C’est comme ça.

Je ne découvrirai jamais le sens de la vie en position du lotus dans un temple bouddhiste. La phrase d’introduction de mon premier best-seller ne me viendra pas sous un pommier en fleur face à l’océan un jour de pluie. Pas de lumières tamisées, de brise dans mes cheveux, de décors enchanteurs ou de p’tits anges tout nus pour mes instants de révélations.

Non. Moi, je suis plus du genre à comprendre la nature profonde des choses en me coupant les ongles d’orteils sur le bord du bain un mardi matin grisonnant. BAM ! Dans les dents.


Crédits: GIPHY

On repassera pour la belle anecdote à raconter à mes petits-enfants…

Par exemple, je crois que j’étais dans la cuisine à vider le lave-vaisselle quand ma dernière illumination s’est produite.

Un après-midi tranquille, bien simple. Grand Garçon venait d’arriver de l’école. Un câlin, une boite à lunch balancée sur le comptoir, 2 ou 3 tartines, une anecdote de cours d’école et hop ! Les cocos étaient repartis s’inventer un monde dans leur chambre, au bout du couloir.

À la radio, quelqu’un s’indignait de quelque chose. Je chantonnais probablement en boucle la seule phrase connue d’une vieille toune quétaine.

Puis, ils ont ri. Les 3 ensembles. Trois gorges déployées à l’unisson. Les rires ont déboulé en cascade sur la céramique du corridor, trouvant écho sur les murs ornés de leurs frimousses rondes et douces, ruisselant jusque dans mon cou. Là où ils ont l’habitude de déposer des bisous.

Une pensée est apparue. Brillante, éblouissante.

« Je n’aimerai jamais personne plus qu’eux. Jamais. »

Mon cœur s’est transformé en montgolfière. Étonnée que mon corps puisse encore l’accueillir.

C’est immense cet amour-là. Immense.

Je suis restée tétanisée de beauté quelques instants. Je me suis laissée bercer, étourdie, apaisée, par ces éclats de bonheur qui me venaient de l’autre bout de la maison.


Crédits: GIPHY

Ça m’a fait penser à un jeu auquel on joue parfois avant le dodo, « Je t’aime plus grand que… ». Plus grand que la terre. Que l’univers. Que la bedaine du Père-Noël. Plus grand que les tacos (ils aiment VRAIMENT les tacos). Qu’un éléphant souffrant de gigantisme.

C’est fou. J’en suis arrivée là dans ma vie. Je sais grand comment, profond comment, j’ai la capacité d’aimer. Grâce à trois p’tits bouts de vie qui poussent tranquillement.

Et si mon amour grandissait avec eux ? Ça se peut ?

C’est fou. Complètement fou.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *